Chamane du Mexique

Chamane et devin, une tradition immortelle chez les mayas

Possédant une connaissance prodigieuse de la vie, des dieux et des astres, les chamanes mayas ont joué un rôle décisif dans la guérison des maladies et le soulagement des mauvais sorts.

L’histoire du chamane Nakuk Sojom

Nakuk Sojom se réveilla après des rêves étranges, un énorme jaguar avec des charbons ardents à la place des yeux, pourchassant un cerf. Il sut tout de suite qu’il était victime de la colère des dieux pour avoir raté un rituel, il sut également que le gibier était son « autre moi », appelé Wayjel et Uaiaghon, le grand jaguar du chamane jeteur de sort.

Il a donc décidé d’appeler le chamane H’ilol, un saint homme clairvoyant, afin de sauver son Wayjel de la mort. H’ilol prit soigneusement son pouls et le battement de ses veines lui indiquèrent qu’il était, lui-même, le chamane cause de tous ses maux. Un ennemi de Nakuk Sojom avait chargé H’ilol de lui jeter un sort pour se venger d’une vieille insulte.

H’ilol décida donc de préparer la cérémonie de guérison. Ils trouvèrent un dindon noir, de l’eau de source sacrée, jamais souillée par la main de l’homme, des fleurs, des aiguilles de pin et autres herbes, ainsi que de l’eau de vie pour finir.

Tout de suite il s’allumât le copal, se présentèrent les offrandes, le malade fut baigné dans l’eau bénite avec des herbes médicinales, il fut rhabillé de vêtements propres et allongé sur sa couche, au milieu d’un cercle sacré. Ensuite le chamane lui donna à boire quelques gouttes du sang de la volaille sacrifiée, se réservant l’eau de vie…

Deux jours plus tard, le patient était en mesure de se lever : il avait repris le contrôle de son wayjel, les forces du mal avaient été vaincues, les dieux lui avaient pardonné.

Des siècles avant la cérémonie de guérison du Nakuk Sojom, le Grand chamane était lui-même le dirigeant de cette société maya, il apprenait, à travers ses rêves, à prédire, à guérir et à communiquer avec les dieux, après divers rites d’initiation. Au moment le plus intense de la cérémonie d’initiation il devait être avalé par un serpent ou tout autre animal puissant, pour renaître converti en shaman, un homme avec des pouvoirs surnaturels. Le shaman, durant la transe extatique (mystique) ou extraction de l’âme, par ingestion de champignons et de plantes psychoactives, ainsi que par la méditation, le jeûne, l’abstinence et l’extraction de son propre sang, réussissait à renter en contact avec les dieux. Il se transformait lui-même en animal, voyageait entre le ciel et l’inframonde, retrouvait des gens et des appartenances perdus, devinait la cause d’une maladie, dénichait les criminels, et contrôlait les éléments naturels comme la grêle. Faisant de lui l’intermédiaire entre les dieux et les hommes.

Dans le Popol Vuh des mayas K’itche, le shaman dirigeant se décrivait ainsi :

« Grands seigneurs et hommes prodigieux étaient les puissants rois Gucumatz et Cotuhá, ainsi que les vertueux rois Quicab et Cavizirnah. Ils savaient si la guerre se ferait ou non, pour eux tout était toujours limpide… Non seulement ces seigneurs étaient grandis par leur condition, mais aussi par leurs sacrifices, comme leurs nobles jeûnes, tribut dû, pour avoir été créés, et contribution pour un royaume… Ils jeûnaient et faisaient des sacrifices personnels afin de montrer leur condition de seigneurs ». Et des patriarches des tribus K’itche il se disait : « Alors, les êtres magiques, Nawal, Winak, projetèrent leur venue. Leur regard voyait loin, dans l’eau et sur terre. Il n’y avait rien de comparable avec ce qu’ils voyaient dans le ciel. Ils étaient les grands, les sages, les chefs de toute la partialité de Tecpan ».

À l’arrivée des Espagnols, les shamans se retirèrent dans la clandestinité, mais ils sont restés les hommes sages et puissants du peuple. Ils continuèrent à exercer leur profession de guérisseurs et de devins, et continuent de pratiquer jusqu’à aujourd’hui.

Shaman présent ou ayant vécu dans tout le Mexique

La shaman Maria Sabina, de Huautla, guérit grâce aux champignons sacrés de Oaxaca.

Les techniques de méditation de Bárbara Guerrero, dite Doña Pachita de Parral (Etat de Chihuahua), bien connue pour ses résultats de guérison.

Doña Josefina pourrait être considérée comme une shaman vétéran dédié à la guérison dans la ville de Oaxaca. Elle peut passer des nuits entières à voyager dans l’Univers pour y percevoir les messages de guérison.

Don Lucio de Morelos, lui, est relié avec un monde invisible pour aider ceux qui viennent vers lui.

Don Panchito, l’immortel, il vécu jusqu’à 130 ans, dit-on. Il était vraiment un homme étonnant dans la constellation des personnages « espejo ou miroir » (ce que signifie shaman en maya).

A Angangueo, dans l’Etat de Michoacan, il existe encore les héritiers de Don Pompeyo Torres, il avait le don de voir le mal en vous, juste en vous regardant.

Juan Castro Valdes, natif de Patzcuaro, Michoacan, depuis trente ans donne des massages de la tête aux pieds en malaxant et en étirant les os.

Don Guadalupe Norberto Calderon, de l’île Isla Janitzio, pêcheur sur le lac de Patzcuaro (Etat de Michoacan), il soigne sans se préoccuper de la foi de ses patients.

Dans l’Etat de Morelos vivait Modesta Lavana Pérez, shaman du village de Hueyapan, dans la région du volcan Popocatepetl.

Mais aussi quelques autres shamans ou sorciers célèbres tels que Doña Vicenta Villalba, Dona Maria Leocadia Ramirez de Amatlán et bien d’autres dont la liste serait bien trop longue.

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