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Fév-2017

Calaveras, une belle tradition qui résiste au temps

Les origines de cette expression populaire qui refuse de mourir malgré le temps ;

Esprit et lettres de ceux qui aiment se « moquer de la mort » à travers des Calaveras.

Quand on parle de la vie, la mort a toujours sa place ; en ce moment difficile  les compagnons de la *Calaca ne sont ni la peur ni la tristesse. Les poèmes et les gravures donnent vie à des images amusantes et pleines d’humour ; Elles transforment des moments de peine en une tentative d’apaisement.

*Calaca ou Calavera: Crâne ornemental, le plus souvent d’origine humaine, fabriqué pour l’occasion de la fête des morts.

 

Catrina Calavera Mexicana Mexique Decouverte

 

Une des traditions mexicaines menacées sont les Calaveras

Autrefois appelés «Panteones» ou cimetières, les Calaveras sont comme une épigramme ou épitaphe laconique écrites en vers et dédiées à des amis, des parents ou des connaissances, seulement le jour de la fête des Morts. Une de ses caractéristiques est de créer l’occasion d’exprimer ce que nous pensons de l’autre, des espaces, des fonctions ou des choses, d’un régime du passé ou du présent. Il est difficile de dire ce que l’on pense des autres, c’est pourquoi les Calaveras sont une forme de littérature courageuse.

 

Ceux qui écrivent ces pamphlets sont des gens qui voient la mort avec humour, combiné à l’ingéniosité qu’ils amènent à leurs écrits. Ils débordent d’imagination pour dire ce qu’ils pensent, en acceptant le défi de communiquer en vers, en rimes ou en strophes pour tous les goûts.

 

Calavera litterature Mexique Decouverte

 

La politique des Calaveras

Cette forme d’écriture se développât au XIXe. Par leur popularité au cours du siècle dernier, les Calaveras ont commencé à être censurées par les gouvernements ; beaucoup d’entres elles servaient à critiquer des fonctionnaires en place. En elles se manifestait la discordance entre gouvernant. La police confisquât ou détruisît beaucoup d’entre elles, pour cette raison il est difficile de les trouver dans les hémérothèques. Malgré la censure, pendant le Jour des Morts – beaucoup moins de nos jours – se pratique cette forme d’écriture, avec le consentement des autorités.

Certains ont pratiqué  du journalisme très audacieux avec des Calaveras dédiées aux magistrats, enseignant, poète, militaire, artistes et autres personnages. Sur des feuillets volants publiés dans des journaux ou des magazines, ils sont vendues au public le 2 Novembre, le jour de la fête des Morts. Parmi ces publications, La Patria Illustrada (La patrie illustrée), un hebdomadaire du XIXe qui conserve toutefois les Calaveras les plus anciennes.

 

Calavera poesie mexicaine Mexique Decouverte

 

Les Calaveras de certains artistes

Il y a aussi ceux qui ont excellé sur le thème de la Mort. Le plus connu pour ses gravures et illustrations de Calaveras était l’artiste  Jose Guadalupe Posada. Ses fameuses Calacas de Francisco Villa, de Zapata, et ses célèbres Catrinas, Don Quichotte et les Calaveras cyclistes, entre autres, ont fait le tour du monde.

Après le grand mouvement des masses et des idées qui ont signifiés la Révolution mexicaine, le contrôle des écrits sur la vie politique s’est intensifié ; par conséquent, se multiplièrent les Calaveras de célébrités telles que Diego Rivera, Tata Nacho, Rodolfo Gaona, Joaquín Pardavé, Guty Cardenas et bien d’autres.

« A Diego Rivera: Ce talentueux peintre éminent adepte du laidisme mourut  instantanément quand il peignît son autoportrait. »

 

Calavera Diego Rivera Frida Kahlo Mexique Decouverte

 

Au début des années 1940, le Taller de Grafica Popular (Atelier d’art graphique populaire) impulsât, entre autres activités, les Calaveras. En elles, nous pouvons mesurer le mécontentement social, éducatif ou laboral. En exemple, un pamphlet sur l’esprit du ministère de la santé du Mexique, fait en 1942, tiré de la défunte revue Les Agachados:

« Les ordonnances vont, les ordonnances viennent et le prix des médicaments est exorbitant. Tous maux de ventre coûte mal à la tête et tout un chacun en ressort soulagé. La mort, pas si bête, implantât sa petite boutique, magnifique du reste ; bien entendu, avec la licence des services sanitaires. »

Avec l’émergence du journal El Apretado (l’étanchéité) en 1950, Renato Leduc a exhorté les Calaveras sur des personnages politiques et autres de la vie publique, elles circulent encore dans cette ambiance de la fête des Morts.

Comme nous ne voulons pas que cette tradition se meure, Mexique Découverte vous traduit ces quelques Calaveras… 

 

Calavera Mexicaine Mexique Decouverte

 

Pas évident de s’improviser poète, mais on se lance…

 

Doña Calaverita

très bien coiffée

Maquillé et si bien peignée

pour ses petits os de lita.

 

Elle prépare le taco

excellent et tout chaud

avec des fleurs de chrysanthème

et une touche de tequila, tout de même !

 

Ces deux sont heureux d’être ensemble

pour être de bons mexicains

célèbrent dans leur jardin

Une heureuse fête des Morts… Tremble !

 

A vous … de continuer la tradition de l’écriture Calaveritas ?  Partagez-nous vos vers !

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