Lucha Libre, entre réel et imaginaire


Chaque spectacle de Lucha Libre est un jour de fête dans toutes les arènes où se pratique cet événement si spécial. La Lucha Libre est, en quelque sorte, un dérivé du catch. Au Mexique c’est plus qu’un sport, entre le spectacle, le théâtre, mais aussi un mythe.

Tout ce qui a attrait à ce phénomène, paraît comme un chaos. C’est un scénario baroque entièrement organisé. Il nous abasourdit par la diversité de ses distractions. Dans cette représentation tout le public observateur peut participer en tant que protagoniste de l’œuvre. Il y a tant d’insultes qui fusent, que même la Sainte Trinité n’est pas épargnée…

La Lucha Libre un phénomène socioculturel

Avec Mexique Découverte vous allez voir des lutteurs. Vous prendrez parti, même sans le vouloir, pour les uns ou les autres. Ils représentent l’affrontement éternel entre le bien et le mal. C’est une façon pour les aficionados de se désinhiber dans cette catharsis appelée Lucha Libre. Elle rend fou les psychologues et les anthropologues. Pour bien comprendre toute l’ampleur et la complexité de ce scénario, dans ce monde de « coups et de culbutes » ; il faut commencer par apprécier les couleurs et les strass des masques et des costumes spectaculaires.

Se laisser aller à profiter de cette passion avec ses déceptions ; elles ont donné une renommée internationale à cette discipline si exotique dans ses arènes. Dans cet endroit si particulier, à ce moment précis, vous pourrez sentir l’adrénaline. Elle traverser votre corps lorsque les lumières s’éteignent ; pour donner vie aux faisceaux lumineux et colorés des poursuites, qui errent librement à travers les murs et le sol de l’arène.

Mais ceci n’est rien comparé à ce qui suit. Le cœur bat plus intensément jusqu’à nous faire sentir plus vivant en rentrant dans l’arène de la Lucha Libre. Prendre place et écouter le speaker, narrateur d’une histoire qui commence par le classique cri « Lucharaaaaaán a dos de tres caídas sin límite de tiempooooo” ; ils lutterons à deux pour trois chutes sans limite de temps). Ce cri nous invite à abandonner le temps présent jusqu’à se perdre dans une autre galaxie, où la mesure n’est autre que la lutte elle-même, qui ne peut s’achever qu’à la fin de ce rituel de Lucha Libre. Nous passons donc à une autre dimension ; dans le monde des rêves, où le temps s’écoule à travers les prises et les contre-prises.

La Lucha Libre est un vrai spectacle

La vraie extase commence dans l’arène, en nous-même, en voyant surgir d’une estrade enfumée une série de créatures fantastiques. Des êtres humains transformés en personnages de l’au-delà, comme Karis la Momia, Halloween, ou encore Outre-tombe. Mais aussi des personnages qui incarnent des concepts humains comme Psichosis et Kaos, des dieux mythologiques comme Thor, des super-héros comme Batman et Robin, les Power Rangers et les ennemis jurés comme le Joker et Jason el Terrible. Il y a aussi des personnages zoomorphes comme Fierita et Felino ; d’autres qui représentent les réalités sociales comme le Huichol, le Mestizo ou l’enfant de la rue.

Des saints et les démons, en bref, tout ce qui peut nous conduire dans un autre univers, dans une autre dimension. Tous ces acteurs convertissent un lieu commun dans un monde où les personnages des histoires et des contes de nos grands-mères ressuscitent. Ils nous possèdent d’une manière palpable, et non seulement dans notre imagination, mais dans ce monde des merveilles. Après le spectacle, par une sortie dérobée connu d’eux seuls, ces personnages de conte sont envahis, débordés, touchés par les enfants. Certains portent le masque de leur idole et s’approchent pour obtenir leur autographe sur le programme de la soirée.

Votre entrée est la clé du spectacle de la Lucha Libre, c’est le début de la fête. A ce moment particulier, l’extase de l’attente est à son comble. Dans un vacarme tonitruant de cris, de huées et de sifflets, accompagnés d’insultes provenant des spectateurs euphoriques et impatients, qui veulent être protagonistes de cette histoire sans fin de la lutte entre le bien et le mal.

Quels sont les protagonistes de cette pantomiMe

Cette attitude d’exaltation est provoquée seulement par la Luche Libre. Confrontation constante de l’équipe des Rudos (les mauvais) et des Tecnicos ou scientifique (les gentils). Rappelez-vous que nous sommes dans un monde où l’imagination devient réalité et tout dans l’arène devient également une réalité à laquelle nous ne sommes pas habitués. Nous ne devons pas regarder la Lucha Libre comme nous regardons le quotidien ; c’est un moment de liesse populaire. Le ring devient un espace de culte, une montagne cosmique qu’aucun mortel ne peut atteindre. Elle est exclusive au Luchadores (combattant) ; ils nous enseignent une histoire, leur histoire.

L’arbitre est d’adjudicateur de ce rituel de la Lucha Libre et le seul être vivant qui peut les approcher dans cet autel dédié à la Lucha Libre. Les coins des Rudos et des Tecnicos sont des pôles cosmiques qui les placent entre le ciel et la terre, le ciel et l’enfer ; établissant ainsi le point exact où interagissent les divinités avec les mortels. Pour diverses raisons les combattants sont élevés au rang d’êtres mythiques, car ils viennent d’un endroit inconnu de l’être humain.

De leur histoire ils dominent le temps d’un public subjugué, absorbé par cet art. Le masque et l’abondante chevelure de ceux qui n’en portent pas sont les éléments de leur force. S’ils perdent ces éléments, ils perdent leurs forces, à la manière de Samson, le personnage biblique. Mais dans le cas des combattants masqués, la perte est majeure, car le masque est leur vrai visage et le perdre ne serait que dénigrement et signifierait la relégation au bas de la hiérarchie.

La transcendance dans la Lucha Libre

L’arène du Coliseo est transformée en un espace de rituel où les divinités montrent aux narrateurs une histoire. La lutte entre le bien et le mal provoque au sein du public de vivre et de recréer leur monde en idolâtrant les Luchadores. Ils s’approprient de lui et de son histoire. Ils deviennent eux-mêmes protagonistes en participant dans cette vallée de larmes, de drames ; avec ses moments de suspense et de rires, qui vont au-delà du cirque, des acrobaties et du théâtre, que provoque la Lucha Libre.

Il s’établit une analogie avec la vie quotidienne, on voit le bien combattre le mal et la souffrance, quand le mal donne des coups sournois au bien. Dans cette perspective de fourchettes aux yeux, de coups de pied et de claques bruyantes, le public s’approprie, consciemment ou inconsciemment, ce monde comme dans sa vie quotidienne, dans laquelle il y a aussi des bons et des méchants. Cela permet au spectateur de percevoir dans l’arène, comme une enceinte spéciale où se joue le drame de sa vie quotidienne. Au sein de cette grand messe il acquiert la paix intérieure dans le monde irréel de la Lucha Libre masquée par elle-même.

Une véritable thérapie sociale

Il est à noter que le phénomène de la Lucha Libre a été négligé par les sciences sociales. Il y a peu a d’écrits à ce sujet. Des écrivains comme Monsivais, Cristina Pacheco et Elena Poniatowska, entre autres, ont écrit seulement quelques lignes, et sont compté les artistes qui ont consacré un espace à ce thème de la Lucha Libre. Cela nous a motivé, chez Mexique Découverte, pour traduire ce phénomène de la Lucha Libre, partie de la richissime expression de la culture populaire de ce Mexique authentique que nous aimons tant.

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